Efficacité de la pompe à apomorphine chez des personnes atteintes de maladie de Parkinson se plaignant d'une insomnie sévère

Publié le 15 avril 2022

Des équipes du service de neurologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, de Sorbonne Université, de l’Inserm, du CNRS, de la clinique Beau Soleil (Montpellier), membre du Groupe AÉSIO Santé et promoteur de l’étude, et de l’Université de Montpellier, en lien avec l’Institut du Cerveau, ont mené des travaux pour montrer l'efficacité de la pompe à apomorphine, utilisée la nuit en continu, sur les troubles du sommeil chez des personnes atteintes de la maladie de Parkinson au stade des fluctuations, se plaignant d'une insomnie sévère.

Cette étude, coordonnée par le Dr Valérie Cochen De Cock et le Pr Emmanuel Flamand-Roze, a fait l’objet le 14 avril 2022 d’une publication au sein de la revue the Lancet Neurology

 

Apomorphee

L'insomnie est très fréquente chez les personnes atteintes de maladie de Parkinson. Elle a des conséquences négatives sur leur qualité de vie. Les équipes de recherche ont mené une étude randomisée contrôlée, multicentrique (11 centres en France), en double aveugle et en cross-over. Les participants présentaient une maladie de Parkinson fluctuante et se plaignaient d’insomnie modérée à sévère. Ils recevaient pendant la nuit de l'apomorphine ou le placebo en sous-cutané avec une période de 14 nuits sans traitement entre les deux périodes. Les périodes de traitement comprenaient 10 nuits pour l’ajustement des doses suivies de sept nuits à dose fixe.

Le critère de jugement principal de l'efficacité était la différence entre les scores de l'échelle de sévérité des troubles du sommeil chez des patients atteints de maladie de Parkinson (PD sleep scale = PDSS) avant et après chaque période de traitement. L'analyse a été faite en intention de traiter.

Cette étude a inclus 46 participants entre janvier 2017 et mars 2021. En comparaison du placebo, l'apomorphine a significativement amélioré le score de PDSS (+15.18 (24.34) sous apomorphine versus +5.23 (21.52) sous placebo; 95% CI 0.88 to 19.03, p=0.04). De plus, les patients ont rapporté un état moteur au réveil significativement amélioré avec une tendance nette à l’amélioration de la fatigue et de l’humeur au cours de la journée.

Cette étude a donc permis de montrer que le traitement par pompe à apomorphine nocturne en sous-cutané améliore les troubles du sommeil, n’entraine pas d’effets secondaires majeurs et a un effet bénéfique sur l’état moteur au réveil.

Sur la base de ces résultats, ce traitement pourrait être proposé à de nombreux patients atteints de maladie de Parkinson pour lesquels l’insomnie constitue un problème majeur malgré les traitements actuellement utilisés. De plus, l’utilisation de la pompe à apomorphine uniquement la nuit devrait améliorer l’acceptabilité de ce dispositif.

Référence: Subcutaneous night-time only apomorphine infusion to treat insomnia in patients with Parkinson’s disease (APOMORPHEE): a multicentre, randomised, controlled, double-blind crossover study. The Lancet Neurology.

Valérie Cochen De Cock, Pauline Dodet, Smaranda Leu-Semenescu, Cécile Aerts, Giovanni Castelnovo, Beatriz Abril, Sophie Drapier, Hélène Olivet, Anne-Gaëlle Corbillé, Laurène Leclair-Visonneau, Magali Sallansonnet-Froment, Marie Lebouteux, Mathieu Anheim, Elisabeth Ruppert, Nicolas Vitello, Alexandre Eusebio, Isabelle Lambert, Ana Marques, Maria Livia Fantini, David Devos, Christelle Monaca, Nicolas Benard-Serre, Sandy Lacombe, Marie Vidailhet, Isabelle Arnulf , Mohamed Doulazmi, and Emmanuel Flamand-Roze.

 

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